2006

Pavillon Blanc du Château Margaux

2006
Le printemps a été marqué par un événement dramatique : le 11 avril notre système de protection anti-gel a été pris en défaut, de manière subtile – et perverse – par des températures si modérées (mais avec une humidité anormalement élevée) que nous n’avons pas jugé bon de déclencher notre système d’aspersion… De temps en temps, la nature se plaît à nous rappeler qu’on ne peut la maîtriser si facilement en nous donnant une de ces leçons d’humilité dont elle a le secret! La conséquence directe du gel fut une réduction d’au moins 50% d’un rendement déjà traditionnellement faible… Mais si peu de raisins ont encore mieux bénéficié des bonnes conditions de maturation de l’été, en particulier durant les dix premiers jours caniculaires du mois de septembre : ils ont acquis, et conservé une concentration hors du commun, d’autant plus que les vendanges sont intervenues avant les pluies de septembre.

Le Pavillon Blanc 2006 est un vin hors norme : son degré alcoolique frôle 15, sa richesse aromatique et sa persistance en bouche sont remarquables, sans atteindre pourtant la complexité des 2004 et 2005. Mais surtout sa vivacité fait presque oublier son degré ; il réussit la gageure d’offrir une finale séveuse et fraîche, longue et équilibrée, bien dans la lignée des millésimes précédents. Serait-ce une revanche du terroir sur les aléas du climat ? (Mars 2010)

Margaux

Conditions Climatiques

Après un hiver plutôt froid, particulièrement au mois de février, mais heureusement plus humide qu'en 2005, le printemps a été tellement sec que nous avons presque commencé à craindre le manque d'eau. Mais ce serait oublier à quel point la vigne est adaptée à la sécheresse, et surtout que les grands terroirs savent si bien amortir de tels excès. Par contre la gelée du 11 avril a pris en défaut notre système de protection antigel de Virefougasse, la parcelle qui produit le Pavillon blanc, et sérieusement réduit son rendement potentiel...

La floraison s'est déroulée dans d'excellentes conditions, et laissait présager une vendange rouge de quantité moyenne à une date très proche des deux années précédentes. L'été a ensuite été chaud, même caniculaire pendant la deuxième quinzaine de juillet, puis un peu plus frais en aout. Il a surtout été plutôt sec : il a moins plu en juillet/août que pendant la même période en 2003 ! Le mois de septembre a présenté les contrastes habituels : très chaud et sec pendant les dix premiers jours, puis doux et humide jusqu'au début des vendanges, suffisamment sec ensuite pour vendanger sans hâte. Ce scénario ressemble étrangement à celui de l'année 1996, qui a connu les mêmes pluies estivales, la même période très favorable à la fin du mois d'août, et exactement la même pluviométrie du premier septembre à la fin des vendanges... (Vendanges le 19 septembre)