2013

Pavillon Rouge du Château Margaux

2013
Un développement si soudain du botrytis, quelques jours avant le début des vendanges, ne s’était pas vu depuis longtemps. Si le champignon n’a pas changé, nos méthodes pour y faire face ne sont plus les mêmes que dans les années 70 ! Aujourd’hui nos équipes de vendangeurs, plus nombreuses et mieux formées, sont capables d’assurer un tri parfait en un temps record, tandis qu’au chai, les équipements modernes de sélection et de traitement des raisins effectuent un travail inconcevable il y a encore dix ans.

Tous ces efforts ne permettent malheureusement pas d’accélérer la maturation des raisins dans les parcelles tardives de cabernet, ni de gommer les conséquences du millerandage dans les merlots… Les décisions d’assemblage ont donc été particulièrement sévères pour ce millésime : Le Pavillon Rouge ne représente que 21 % de la récolte, tandis que le troisième et surtout le quatrième vin n’en représentent que 37%. C’est la plus faible quantité de Pavillon Rouge jamais produite… Les proportions de cépages rendent bien compte des forces et des faiblesses du millésime : à peine 10% de merlot, qui ne s’est jamais remis de sa difficile floraison, sans que l’on comprenne bien pourquoi ; 84% de cabernet sauvignon dont la remarquable adaptation à nos terroirs est une fois de plus démontrée ; 4% de petit verdot que l’on n’attendait pas à un aussi bon niveau ; et enfin 2% de cabernet franc qui a très bien tiré son épingle du jeu compliqué de ce millésime. Au prix de cette sélection inédite, le Pavillon Rouge 2013 atteint une qualité surprenante. Nul doute qu’il aurait intégralement rejoint l’assemblage du premier vin il y a encore quinze ans. (Avril 2014)

Margaux

Conditions Climatiques

Les températures particulièrement fraîches de la fin de l’hiver et du printemps ont retardé le débourrement puis la floraison d’une bonne dizaine de jours par rapport à la moyenne. Et comme il a également beaucoup plu pendant toute cette période, la floraison a été lente et la nouaison difficile, ce qui a entraîné un millerandage généralisé et une coulure importante dans les merlots. Ce dernier phénomène s’est avéré plus modéré pour les cabernets. D’emblée, nous savions que le millésime 2013 ne serait pas abondant…

Heureusement, la sècheresse estivale a permis aux raisins de combler une partie du retard : nous n’avons pas retrouvé à la véraison la même hétérogénéité qu’à la floraison. Il est également probable que leur faible quantité ait accentué ce phénomène de rattrapage. Au début du mois de septembre, l’espoir grandissait d’une récolte certes faible, mais qui semblait mûrir dans d’excellentes conditions. Septembre a été paradoxal, relativement sec et très humide à la fois. De petites pluies fréquentes ont en effet maintenu une humidité ambiante élevée sans entraîner de cumul important de précipitations. Rien n’était donc joué jusqu’à la fin du mois lorsqu’un développement soudain de botrytis a précipité le début des vendanges ; il n’aura finalement manqué aux raisins qu’une petite semaine de maturation, suffisamment pour gâcher les espoirs d’un grand millésime, pas assez pour lui ôter toutes ses promesses. Les vendanges de blanc se sont déroulées du 19 au 27 septembre, et celles de rouge du 30 septembre au 11 octobre.