Le domaine vignoble de Château Margaux

Au fil des saisons

Tonnellerie

Tonnellerie

Un peu en dehors du temps, mais rythmant encore aujourd’hui la vie des chais de son martèlement sonore, Alain Nunes, tonnelier à Château Margaux après René, son père, arrête un moment son geste pour accueillir avec bienveillance le groupe de visiteurs. Il sait que son métier séculaire suscite une curiosité légitime, et se prête toujours de bonne grâce aux questions les plus diverses.

A raison de trois barriques assemblées quotidiennement, il ne peut pas subvenir à plus d’un tiers de nos besoins annuels. Nous ne le souhaitons d’ailleurs pas, et achetons tous les ans une grande partie de nos barriques neuves auprès de cinq ou six grandes tonnelleries de Bordeaux et de Cognac. Car plus qu’aucun autre facteur de qualité - origine du bois de chêne, temps de séchage des douelles, type de chauffe, etc - c’est la diversité qui importe. Ce n’est pas forcément d’une seule forêt, même réputée comme la meilleure, que l’on extrait les plus beaux merrains, ces morceaux de chêne fendu d’où proviennent les douelles, mais de plusieurs d’entre elles, dont les différences se conjuguent en un apport plus complexe.

La recherche du caractère boisé fait aujourd’hui l’objet de bien des surenchères, au point que l’on oublie parfois que son destin est de disparaître dans le vin pour mieux le servir. Telle est la fonction de notre tonnellerie, qui fait partie intégrante des chais sans revendiquer la première place. Elle témoigne de notre intérêt constant mais mesuré pour les barriques, qui apportent une contribution nécessaire mais pas essentielle à la qualité des vins. Elle est enfin le symbole vivant d’une culture qui continue à placer l’homme en son centre, comme Alain Nunes évolue au milieu de son atelier.