Le domaine vignoble de Château Margaux

Au fil des saisons

Protection des vignes

Protection des vignes

L’obtention de raisins suffisamment mûrs suppose une maîtrise parfaite de l’état phytosanitaire du vignoble. Les immenses progrès réalisés depuis trente ans dans ce domaine expliquent, pour une grande part, la régularité croissante des bons millésimes.

En premier lieu, la qualité des produits de traitement, leur efficacité, leur facilité d’emploi, n’ont fait qu’augmenter. Mais également la puissance et la précision des nouveaux matériels de pulvérisation ont largement concouru à ce succès.

Mildiou, oïdium, black-rot, excoriose, presque toutes les maladies cryptogamiques, à l’exception notable des maladies du bois, esca et eutypa, qui affectent plus particulièrement le cépage cabernet sauvignon, sont maintenant bien maîtrisées. Le cas de la pourriture grise (botrytis cinerea) est certainement plus délicat, mais la faible vigueur de nos vignes et leur système de conduite traditionnel créent des conditions plutôt défavorables au développement de cette maladie.

Le problème posé par les parasites, insectes et araignées, est autrement complexe, comme tout ce qui relève du monde vivant. Dans le passé, l’emploi massif - et inconsidéré - d’insecticides à large spectre d’action a peu à peu conduit à la disparition de leurs prédateurs naturels, et entraîné le développement explosif de leurs populations, qu’il fallait alors détruire par des applications répétées de nouveaux insecticides… En croyant mieux faire, mais en perturbant l’écosystème, nous étions rentrés dans un cercle vicieux.

Cette prise de conscience nous a amené, à partir des années 80, à remettre en question toute notre politique de protection du vignoble, dans le but de retrouver et de préserver l’équilibre des populations d’araignées et d’insectes. Au bout de quelques années de travail patient et de risques calculés, nous sommes revenus à une situation stable, où toutes ces populations cohabitent et s’autorégulent, sans qu’il soit pratiquement nécessaire d’intervenir ou seulement de manière « biologique ». La nature est indulgente pourvu qu’on veuille bien la respecter un peu …