
Le rendement des vignes, exprimé par leur production (kilos de raisins ou hectolitres de vin) à l’hectare, est un facteur clé de la qualité des raisins. Une récolte trop abondante n’arrive jamais à maturité, car les ceps s’épuisent inutilement à nourrir trop de grappes à la fois ; ils peuvent même en mourir prématurément, ce qui est d’ailleurs une raison supplémentaire de modérer leur production. Dans leur grande sagesse, les appellations d’origine ont établi des règles strictes en matière de rendement afin de protéger la qualité des vins et la longévité des vignes. L’appellation Margaux, quant à elle, fixe une limite qui est en général la plus restrictive du Médoc.
On pourrait donc penser qu’en réduisant de plus en plus, voir drastiquement, la production, on peut améliorer constamment la qualité. Ce serait oublier que trop peu de grappes stimulent la vigueur et favorise la croissance de la vigne… au détriment de la maturité. En fait, la vigne n’aime pas l’excès, de quelque nature qu’il soit ; c’est dans la mesure et l’équilibre qu’elle donne le meilleur d’elle-même. Ce qui importe le plus à vrai dire, c’est moins le rendement de chaque parcelle que la charge harmonieuse de chaque cep.