Le domaine vignoble de Château Margaux

Au fil des siècles

La Colonilla

La Colonilla

Laure de Fumel, nièce de Joseph, parvient à racheter le domaine au « citoyen » Miqueau qui l’a pourtant complètement dilapidé, laissant même geler les orangers!

Elle est la dernière descendante des familles Lestonnac, Pontac, Aulède, toutes apparentées et qui ont si bien veillé sur Margaux pendant trois siècles.

Les années de la révolution ont raison de son courage et de sa passion pour ses terres, qu’elle met aux enchères en 1801.

L’acquéreur, Bertrand Douat, est un basque revenu d’Espagne avec une fortune considérable et le titre de marquis de la Colonilla. Il a été, entre autre, armateur et fondé de pouvoir du gouvernement espagnol pour la négociation d’un accord de troc avec la Russie ! Ses idées de démocratie à l’américaine lui valent même d’être emprisonné plusieurs mois !

Il a plus de cinquante ans lorsqu’il regagne la France ; il réside à Paris plutôt qu’à Bordeaux. En réalité, il ne s’intéresse pas vraiment à la vigne et Château Margaux est pour lui un moyen de conforter son ascension sociale.

Le manoir gothique, qui a remplacé l’ancien château fortifié du domaine, ne lui paraît d’ailleurs pas digne de la réputation de son vignoble.

La Colonilla fait construire à sa place la demeure que l’on admire aujourd’hui.

Les travaux commencent en 1810, alors que La Colonilla a déjà 70 ans ; il meurt en 1816 sans avoir jamais habité son château.

Bertrand Douat, marquis de la Colonilla, n’est pas le seul propriétaire de Château Margaux, étranger aussi bien à Bordeaux qu’à la vigne, à laisser une empreinte aussi profonde.