
C’est le courtier Pierre Moreau, homme de confiance de la Trémoille, qui réunit le syndicat d’actionnaires acheteurs de Margaux et gère le domaine.
Il nomme Marcellus Grangerou au poste de maître de chai ; son fils Marcel et son petit-fils Jean auront la même responsabilité.
L'innovation la plus importante de Pierre Moreau est l’obligation de « mise en bouteilles au château », adoptée en 1924 et véritable garantie d’authenticité pour les acheteurs. La crise économique des années 1930 et les millésimes désastreux de cette décennie déstabilisent les actionnaires et mettent provisoirement un terme au principe de la mise en bouteilles obligatoire au Château qui ne réapparaîtra qu'après 1949.
Fernand Ginestet et son fils Pierre entrent alors en scène ; Fernand, qui aime autant le chant que le commerce - il a une belle voix de baryton -a construit sa fortune dans le négoce de vins. C’est son ami Boylandry, maire de Saigon et importateur de vins, qui lui envoie les fonds nécessaires à l’achat du domaine et la famille Ginestet n’en acquiert l’intégralité que vers 1950.
Fernand et Pierre réorganisent patiemment le vignoble. Le fils de Pierre, Bernard, s’occupe de leur maison de négoce et en fait un des établissements de commerce les plus respectés de Bordeaux.
Mais la récession des années 1970, les millésimes désastreux et invendables de 1972, 1973 et 1974 mettent Pierre et Bernard dans une situation désespérée ; ils désirent toutefois honorer leurs engagements.
Leur seul bien négociable est Château Margaux, qu’ils se résignent à vendre.