
L’ancien nom du domaine « la Mothe de Margaux », et la hiérarchie des grands crus de Bordeaux ne sont pas un hasard ; dans un pays plat comme le Médoc, la moindre «motte» se distingue aisément et les plus grands vins sont toujours produits sur les terres dont la pente assure un bon drainage. La pérennité de ces sites viticoles n’a d’égal que le génie des hommes, propriétaires régisseurs, vignerons, maîtres de chai qui ont su deviner et mettre en valeur la nature exceptionnelle des terroirs.
Au fil des générations, au fil des siècles, l’habileté des uns, les innovations des autres, font progressivement du vin de Château Margaux un vin d’excellence ; il n’est qu’à se rappeler les progrès réalisés grâce au régisseur Berlon (dont le prénom n’a jamais été retrouvé !), au tout début du XVIIIème siècle. Il est le premier à vinifier séparément les raisins rouges et les raisins blancs, dont les ceps étaient à l’époque plantés en mélange dans les vignes ; il exige que les raisins ne soient pas vendangés aux premières heures, « parce que les raisins sont couverts de rosée, et que s’ils sont cueillis le matin, leur couleur sera diluée et pâlie par l’excès d’humidité »… Les prémices de la vinification moderne apparaissent…
Berlon comprend également l’importance des sols, il connaît déjà les meilleures parcelles. L’influence du terroir se dessine…
La nature et le travail des hommes combinent leurs mérites pour façonner ce grand cru. Ils créent en même temps un art, un savoir-faire.
Leurs successeurs se doivent d’être dignes de cette terre et de ces connaissances qu’ils reçoivent en héritage.