Le domaine vignoble de Château Margaux

Au fil des siècles

Aguado

Aguado

Les enfants de la Colonilla ne s’intéressent pas au domaine et le vendent à Alexandre Aguado, marquis de Las Marismas, un authentique espagnol contrairement à la Colonilla! A cette époque, Aguado est le premier banquier à acquérir un grand château bordelais ; sa fortune, qu’il doit autant à la finance qu’aux grands travaux, est déjà immense, et Château Margaux ne représente pas pour lui un moyen de l’accroître mais plutôt une propriété élégante et agréable à vivre.

Il abandonne assez vite ses activités financières pour devenir, entre autre, le mécène de Rossini qui composera une zarzuela intitulée… « Château Margaux » !

Il mourra plutôt jeune (1836), en ayant légué sa magnifique collection de tableaux italiens et espagnols au musée du Louvre.

Son legs essentiel est la décoration Napoléon III, caractéristique de cette époque, dont les principaux éléments resteront en l’état jusqu’à la vente du domaine par les Ginestet à André Mentzelopoulos.

Les heurs et malheurs du XIXème siècle contrastent avec la pérennité du vignoble qui reste remarquablement entretenu par les régisseurs successifs alors qu’une calamité apparaît sous la forme d’un champignon venu des Etats-Unis, l’oïdium, qui dévaste les vignes avant d’être maîtrisé par l’usage du soufre ; cette maladie cryptogamique ne fait qu’inaugurer la série de catastrophes qui va suivre et la parade du soufre est le premier traitement phyto-sanitaire de l’histoire du vignoble bordelais.

En 1879, Emily Macdonnel, dame d’honneur écossaise de l’impératrice Eugénie et épouse du fils d’Aguado, vend le château au comte Pillet-Will.